Chronique : ressac, Diglee

 


* * * Ressac * * *
Diglee
Retraite bretonne
" Seule face à l'immensité, je peux enfin lâcher prise".
Une retraite en Bretagne : si la trame de ce récit semble simple (assez intéressante toutefois pour me convaincre de le lire 😊), elle n'en est pas moins passionnante.
Le texte s'ouvre sur un parallèle ; tandis que son "père de cœur" gît dans un hôpital, Diglee, jeune trentenaire, s'enferme une semaine dans un couvent pour contrer une période pleine de doutes. Depuis quelques temps elle est en effet confrontée à la maladie de cet homme qu'elle ne reconnaît plus (il est bipolaire). En le perdant lui, elle perd tous ses repères. Ajoutez à cela quelques problèmes de couple, des questions existentielles, et vous obtiendrez les raisons parfaites pour se retirer du monde.
Le couvent qu'elle trouve est le lieu idéal. Proche de la mer, situé dans un village typique de Bretagne, cette masse de vieilles pierres est propice à tous les fantasmes HarryPotteriens (comme j'aime cette région ❤️).
Il y a beaucoup de tendresse dans cette histoire ; tendresse pour cet homme qui l'a élevée, tendresse pour les nonnes qui l'accueillent, et les autres résidentes avec qui elle se lie d'amitié. Un fort parfum de sororité iodée plane sur les chapitres.
La nature, la sauvagerie du littoral, la liberté de l'océan, tiennent une place primordiale-d'où le titre. Diglee se ressource grâce au lâcher prise, à ses papiers, ses dessins et ses crayons, ses lectures (Anais Ninn et Modiano).
L'écriture est limpide, agréable à lire, émouvante. Dans Ressac on découvre une jeune femme sensible, aux signes et à la magie, au féminisme et aux échanges épistolaires (décidément elle a tout pour me plaire).
"Sur ce banc, loin de ma vie, (...) je réalise comme progressivement je m'ancre".

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