Chronique : De la beauté, Zadie Smith
De la beauté est le premier roman de Zadie Smith que j'ai lu. Il m'a tellement plu que depuis je ne rate pas un seul de ses textes.
Publié en 2005, il traite de tous les thèmes capitaux de la fin du XXieme siècle : le multiculturalisme, la déconfiture des "gauchistes libéraux", le politiquement correct, ainsi que des sujets intemporels tels que la transmission entre générations, la culture, l'infidélité et l'usure du couple. Des thèmes communs certes mais cuisinés à la sauce Smith : avec une immense perspicacité et beaucoup d'humour.
Kiki Belsey est une femme Afro-Américaine en pleine crise de vie. Son mari, un professeur spécialiste de Rembrandt, la trompe avec une collègue. Ses enfants, de jeunes adultes pris par leurs études supérieures, lui échappent.
Quant au mari, Howard Belsey, il s'ennuie dans sa fac de seconde zone, se sent trahi par son fils qui décide d'assister le pire ennemi de son père, un intellectuel anglo-antillais. Ajoutez à cela des débats entre conservateurs et libéraux, les problématiques du couple mixte, un amour interdit entre la fille chérie et un slameur de ghetto, des débats autour du mérite et de la discrimination positive, et vous obtiendrez un cocktail détonnant, drôle et bien vu.
Le roman est plutôt classique dans sa forme, narré à la troisième personne, avec des chapitres consacrés aux différents points de vue de tous les protagonistes. Roman total, roman contemporain très américain pour cette autrice britannique qui est selon moi l'une des meilleures écrivaines de ce siècle, et qui construit œuvre après œuvre un témoignage parfait de notre société occidentale.



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