Chronique: La rose la plus rouge s'épanouit, Liv Stromquist

 


*** La rose la plus rouge s'épanouit ***
Liv Stromquist
Roman Graphique en quête de l'amour
Tout commence avec Leonardo Di Caprio. Sa vie sentimentale est si chaotique, et à la fois si prévisible (tous les 3 ans il se choisit comme nouvelle petite amie un mannequin jeune, blonde et sportive) qu'elle pousse Liv Stromquist à s'interroger : qu'est ce qui peut expliquer ce non engagement ?
Il n'en fallait pas plus pour que l'illustratrice, essayiste, féministe déroule toute une réflexion sur ce qu'elle pense être un phénomène de société : l'incapacité à aimer.
Comme à son habitude elle s'appuie sur des recherches très poussées de sociologues, mais aussi sur des œuvres litteraires et sur la culture pop, pour étayer son propos. Elle émet diverses hypothèses pour expliquer ce comportement, tels que l'égocentrisme et la rationalité toute puissante de nos sociétés. Beyonce côtoie Hilda Doolittle, dans un joyeux bazar argumenté.
Les dessins me font toujours penser à Beavis and Butthead, et lire ce roman graphique m'a encore une fois retourné le cerveau. Ce qui est plutôt positif car c'est toujours enrichissant d'être confrontée à une véritable nourriture culturelle.


Sauf que cette fois-ci j'ai été très très dubitative quant aux arguments avancés par l'autrice. Elle semble développer une sorte de nostalgie de l'amour des siècles passés, où l'amour courtois et le statut social des hommes exigeait d'eux un engagement total dans leur amour. Modification des codes de la masculinité, scepticisme vis à vis de l'empowerment, il y a certains raisonnements qui m'ont fortement étonnée dans une bd a priori féministe.
Car Stromquist part du postulat suivant : aimer signifie un engagement absolu, donnant la primauté à la pulsion et à l'intuition. En gros la passion. Or peut-être qu'il y a une autre définition possible de l'amour, éloigné de ces deux pôles que sont l'amour fou et l'absence d'engagement.
Certes le manque d'investissement peut se regretter, mais d'une part je ne suis pas convaincue qu'il soit la norme, d'autre part il me semble que l'amour romantique auIX siècle relevait plutôt de la littérature que de la réalité sociale.
Bref une petite déception pour moi.


Commentaires

Articles les plus consultés