Chronique : Le Mal joli, Emma becker

 

Le cas Becker....Le cas Becker : ce serait un parfait titre de polar n'est-ce pas ? Pourtant ce n'est pas dans le registre policier qu'évolue l'écrivaine française, mais de l'autofiction ( ou de l'autrui-fiction comme dirait Camille Laurens).
Dans Le Mal Joli, un bel euphémisme qui désigne l'accouchement, Emma Becker dissèque les états de sa passion pour un écrivain. Comme dans toute passion, rien ne la destinait à tomber si éperdument amoureuse d'un tel homme : écrivain élitiste, aux origines aristocratiques, grand intellectuel parisien. Pourtant lors dune soirée littéraire, son intérêt vacille.
S'ensuivent des lettres, des messages puis des étreintes sulfureuses dont aucun détail ne reste secret pour le lecteurice. Bon, me suis je dit, au moins je n'en sortirai pas conne, connaissant désormais l'exact usage d'une poire à lavements.
Évidemment ce serait ridicule de réduire le texte à cette description minutieuse du désir et des ébats. Cet ouvrage c'est avant tout le cri de désespoir d'une vocation contrariée. Pas facile d'être autrice quand on est femme, même apparemment avec un mari déconstruit. Pas facile d'écrire l'esprit rempli de son amant, le temps grignoté par les enfants et le foyer. Un sacerdoce. Ce sont les pages les plus émouvantes du texte, à mon avis.
De la difficulté de faire tenir les différentes facettes de sa personnalité dans une mosaïque solide....

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