Chronique: Les Ronces, Cécile Coulon

 


*** Les Ronces ***
Cécile Coulon
Poésie de la terre
C'est peu dire que ce recueil m'a surprise. Je savais que j'y découvrirais des odes aux volcans, à la campagne, à la terre natale. Je m'attendais à des récits de chagrins amoureux. J'ignorais, par contre, que j'y rencontrerais une âme à ce point écartelée...tellement que j'en ai eu les larmes aux yeux. Je ne m'attendais pas à lire autant de douleur née de l'insatisfaction à n'être que soi, d'une folle exigence envers soi-même. Ces mots du mal être, exprimé clairement, de façon sublime, mais sans pesanteur aucune, m'ont clairement émue.
Les poèmes sont assez narratifs, dans le sens où ils racontent toujours une petite histoire, dans le sens où ils ne sont pas contemplatifs. Pour autant le narratif n'empêche pas le lyrisme : chacun d'eux déborde d'émotions. Qu'ils soient pragmatiques (Les frites, L'appartement, Mercredi matin) ou plus abstraits, ils croquent des instants de vie en faisant naître la réflexion.
J'ai également été frappée par la forte présence de la nostalgie, d'un certain sentiment d' échec. Mes préférés sont évidemment les poèmes évoquant la nature (Les herbes sauvages, Devant la maison, et le sublissime Bientôt, Eyzahut). J'ai trouvé des ritournelles à la Prévert, des thèmes métaphysiques, prosaïques, des décalages entre ses propres désirs et les projections des autres. Avant tout, j'y ai trouvé des mots et des images pleines de beauté,un sens du rythme, de la coupure, une maîtrise des rimes libres, et un talent certain pour la chute et les effets.
"tu te tiens droite derrière tes élégances/comme une reine protégée par les douves /de son château"
"je dormirai ce soir sur un oreiller mort/j'ai besoin de tes ombres, Eyzahut/comment as-tu fait pour me garder dans tes mâchoires /sans me creuser des trous au corps ?"
Gros coup de foudre pour cette poésie ❤️

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