Chronique : Née contente à Oraibi, Bérangère Cournut

 


*** Née contente à Oraibi ***
Bérangère Cournut
De sable et de feu
À couverture sublime texte sublime... Bérangère Cournut m'avait déjà charmée avec De Pierre et d'os, voici qu'elle persiste et signe avec #neecontenteaoraibi (antérieur en fait à #depierreetdos).
Je trouve fascinant son désir de nous faire partager les destinées de ces héroïnes des peuples premiers. Dans ce roman, elle prend la voix de Tayatitaawa, jeune fille Hopi, qui vit avec les siens au cœur de l'Arizona -nous sommes au début du XXieme siècle. Son clan est celui du Papillon. De sa naissance à son envol de jeune adulte nous plongeons dans une autre civilisation, avec ses rites, son ingénuité et son courage. La nature y est capitale, la cosmogonie, le chamanisme et le monde des rêves ont une importance primordiale.
La narratrice affronte les joies et les peurs, les douleurs et les désillusions avec beaucoup de bonté et de force ; il n'est pourtant pas facile de devoir porter en elle les cicatrices d'un héritage compliqué. Fille de caractère, Tayatitaawa rejoint le clan ses héroïnes qui en ont, dans la grande tribu des textes de Cournut. Un texte subtil, à mi-chemin entre le récit anthropologique et la fiction, agrémenté à la fin d'une série de photos de Hopis, qui apporte un aspect documentaire à l'ensemble.
Née contente à Oraibi peut se lire comme un conte où le retour à une connexion avec la nature, à une cosmogonie saine, à des liens d'entraide sont plébiscités.

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