Chronique : Pourquoi pas la vie, Coline Pierré
*** Pourquoi pas la vie ***
Coline Pierré
Après la théorie....la pratique ! Avec ce roman centré sur la mythique poétesse #sylviaplath , @colinepierre se donne l'occasion d'appliquer ses principes expliqués dans son essai Éloge des fins heureuses.
En effet, elle y met en place une belle uchronie : et si quelque chose avait empêché l'autrice américaine de se suicider en ce matin du 11 février 1963?
Coline Pierré concrétise là un fantasme que l'on partage tous, mais elle n'en oublie pas pour autant son sujet ; dans son texte, même si Sylvia sort la tête du four, elle ne se sort pas de sa dépression aussi facilement. L'hiver glacial, sa détresse psychologique et financière, l'infidélité de son mari Ted Hughes, rien n'est omis. Et pourtant...
Pourtant Plath y entame une longue et solide reconstruction, dans un Londres en pleine mutation.
Je préfère ne pas vous en dire trop pour préserver la saveur de l'intrigue, mais sachez que vous trouverez dans ce livre une belle ode à la puissance de la création, à la sororité, à l'amitié, à l'amour maternel aussi, même si celui-ci est décrit dans toute sa complexe réalité (on les adore ces gosses mais c'est une très pesante responsabilité).
L'ensemble est plaisant, se lit facilement, et permet à Coline Pierré de travailler des thèmes féministes particulièrement adaptés au contexte des années soixante, comme la surcharge mentale, La Femme Mystifiée, et les différentes représentations encore en cours de nos jours de la femme parfaite - particulièrement douloureuse quand vous ne rentrez pas dans les cases et que vous avez l'âme créatrice...
Je ne connais pas assez l'œuvre de Sylvia Plath pour attester de l'aspect plausible de l'histoire, mais on constate (postface à l'appui) que le texte s'appuie sur une bonne base documentaire. Et effectivement, la fin est...heureuse. 
J'ai bien aimé le livre, mais, peut-être parasitée par la lecture juste auparavant de son essai, j'ai eu l'impression de lire parfois un plaquage de principes littéraires, et parfois un cas pratique de développement personnel ("Survivre, mode d'emploi") avec les meilleures intentions du monde -mais c'est sûrement mon côté cynique qui ne sait pas se taire 


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